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TAXI News – novembre 2019

chauffeur et son client dans un taxi

Chers lectrices et lecteurs,

Comme chaque mois Vincent, notre collègue graphiste et rédacteur, déniche pour vous les articles les plus appropriés et les plus pertinents pour vous informer. 

magazine TAXI News

Pour ma part j’essaye d’éveiller les consciences en traitant des sujets qui sont dans l’actualité mais uniquement qui concernent le taxi ou ses ennemis ou alors des sujets de fond. Aujourd’hui je souhaite vous parler d’un sujet de fond en ayant pour illustration le phénomène des vases communicants.

Si vous cherchez sur internet vous aurez cette définition : « En mécanique des fluides, le principe des vases communicants établit qu’un liquide homogène remplissant plusieurs récipients, reliés entre eux à leur base et soumis à la même pression atmosphérique, s’équilibre à la même hauteur dans chacun d’eux. »

ou celle-ci :

« Ensemble de récipients communiquant entre eux par leur base ».

Mais pour ce que je veux développer, contentons-nous d’imaginer deux récipients clos ou deux chambres qui communiquent par une porte. Une chambre où il y a des taxis et une chambre où il y a des vtc.

Lorsque les vtc sont arrivés en France et plus particulièrement en région parisienne, la chambre des vtc a commencé à se remplir de nouveaux chauffeurs sans véritable expérience du transport de personnes, et de chauffeurs de taxis pour la plupart locataires ou salariés qui voyaient là une opportunité nouvelle.

C’est là que le phénomène des vases communicants a son importance.

Lorsque le récipient des vtc se remplissait celui des taxis peu à peu se vidait. Au début personne ne prenait garde au phénomène, et puis lorsque les clients des taxis ont migré vers les vtc il était trop tard pour arrêter le processus. Le chiffre d’affaire baissait, le prix de la Licence de taxi baissait aussi et les écoles de taxis se vidaient de leurs élèves, ce qui a occasionné la fermeture de certaines d’entre-elles. Les manifestations ont obligé le gouvernement de l’époque à demander au député Thévenoud de trouver des solutions. Même si la loi qui porte son nom n’était pas parfaite, elle permettait de structurer le transport à la personne et d’arrêter la jungle pour un moment. C’est seulement après de nouvelles grèves des taxis et l’arrivée de la loi Grandguillaume, que le gouvernement a tardé à mettre en application, qu’un équilibre s’est instauré. Et depuis un an, les clients sont revenus vers les taxis et avec eux les vtc viennent dans le taxi, en ayant compris que le vtc n’a aucun avenir, contrairement au taxi.

Officiellement il y aurait environ 19 000 vtc en région parisienne, qui tôt ou tard viendront dans le taxi.

La question est : comment pourrons-nous les intégrer dans la profession d’ici un an ou deux ou trois ans, lorsque les 17 924 licences parisiennes seront toutes en activité ? C’est une question cruciale à laquelle il faut apporter une réponse avant que d’autres ne se chargent d’y répondre. Chers lectrices et lecteurs vos réponses seront publiées dans les prochains Taxi News, allez sur notre site www.taxinews.fr et faites nous part de vos réponses ou propositions, vous pouvez bien sur garder l’anonymat, comme un certain « boxeur » que je salue, ancien chauffeur de taxi qui veut rester anonyme mais la plupart des collègues le connaissent sous cette appellation. Salut l’artiste.

Pour terminer je souhaite vous faire partager un paragraphe d’un article de Pierre Peyrard paru dans Médiapart le 7 octobre 2019, Médiapart, le seul journal qui pour moi avec le Canard Enchainé, mérite de porter ce nom, sous le titre : « Quel avenir pour le taxi dans la mobilité de demain ? »

Partout sur la planète les taxis ont donc été percutés de plein fouet par l’abandon du rôle de régulateur de l’Etat

« Partout sur la planète les taxis ont donc été percutés de plein fouet, pas tant par l’innovation technologique mais du fait de l’abandon du rôle régulateur de l’État démuni, car pris de vitesse, voire selon les cas, complaisant. Il serait intéressant d’interroger l’ex rapporteur adjoint de la commission Attali tant il est devenu urgent pour les citoyens que nous sommes tous, d’exiger de l’État de restaurer sa souveraineté numérique, pour restaurer sa souveraineté tout court. » (Si vous n’avez pas deviné qui était le rapporteur adjoint de la commission Attali, réponse le mois prochain.)

Au nom de toute l’équipe de Taxi News je vous souhaite un très bon mois de novembre et vous donne rendez-vous début décembre.

Alexandre Sejdinov

1 Comment

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  1. Zoroas

    11 novembre 2019 at 20 h 02 min

    La création des VTC sans numerus clausus en 2009 a été un coup monté de la Droite pour préparer l’arrivée d’Uber en 2010 et le succès de cette boite détenue par des grands groupes financiers (Goldman Sachs, Amazon, Google, etc.)
    La technologie et l’appli Uber n’ont ainsi joué aucun rôle décisif dans cette affaire essentiellement politique.
    L’ouverture et l’inondation du T3P par des VTC travaillant pour Uber s’est ensuite faite au détriment des taxis qui sont devenus les bêtes noires des médias de droite aux mains des oligarques (BFMtv, etc.) solidaires entre eux.
    Aussi, tous les moyens furent bons pour dénigrer les taxis et magnifier les VTC
    présentés comme leurs successeurs modernes et haut de gamme.
    Puis progressivement, Uber a révélé son vrai visage d’esclavagiste en augmentant ses commissions déjà très élevées et en pratiquant des tarifs souvent très bas, dans une folle tentative d’accaparer le marché du T3P.
    Il en a résulté un appauvrissement considérable des chauffeurs de VTC qui sont devenus en quelques mois, les sous-prolétaires du T3P. La qualité du service en a alors fortement pâti (finis les bouteilles d’eau, les bonbons et les costards-cravates…)
    Par ailleurs, la technique de surge-pricing pratiquée par Uber (tarifs multipliés de 2 à 10 en période de surcharge) a fait fuir de nombreux clients gravement échaudés par ces tarifs de casino.
    Ceci explique le retour progressif des clients vers les taxis, autant voire plus que l’évolution de la réglementation via les lois Thévenoud et Grandguillaume.
    L’annulation de l’interdiction de la géolocalisation des VTC par le Conseil d’Etat le 09.03.2016, au motif qu’Uber était une plateforme IT remplissant un service de la société de l’information, en particulier, a été une décision totalement injuste puisque le 21.12.2017, la CJUE a statué qu’Uber est une entreprise de transport soumise par conséquent aux règles de ce secteur, et non pas une plateforme IT relevant de la société de l’information.

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