Chers lectrices et lecteurs,
L’économie mondiale souffre, de la hausse du prix du pétrole. Souffrent en grande majorité, les usagers et les pros comme les taxis, pendant que d’autres se remplissent les poches, les producteurs et raffineurs de pétrole et intermédiaires. Mais cette situation ne peut pas durer, car l’opinion américaine ne veut pas de ce conflit, c’est pourquoi des discussions sont en cours pour sortir de ce conflit sans perdre la face. Cette crise a fortement impacté, l’économie en général, et le tourisme en particulier. Les gens ont eu peur de se déplacer ou de faire des investissements y compris en France, moins de tourisme, moins de projets, c’est moins de courses pour les taxis. Mais soyons optimistes, la situation va s’améliorer dans les jours qui viennent. Le gouvernement a doublé l’aide pour le carburant qui reste toujours très modeste, il a promis une aide pour l’achat des voitures électriques, mais à compter du 1er octobre, nous aurons l’occasion d’en reparler.
Vous êtes un certain nombre à exprimer vos doutes et vos craintes lors de nos échanges et vous me demandez mon avis sur ce que sera le taxi dans cinq ou dix ans. À chaque crise, ces mêmes questions reviennent. Le taxi je le vis depuis 36 ans en tant qu’acteur au début et spectateur par la suite, et même en 1990, à mes débuts en tant que chauffeur de taxi locataire, les collègues de l’époque me disaient, le taxi c’est fini, tu arrives trop tard, le meilleur est passé. Ainsi à chaque baisse de l’activité, il y avait ce phénomène de découragement. Et bien sûr cette tendance d’incertitude s’est aggravée avec l’arrivée des VTC. Mais pourtant le taxi est toujours là, sa façon de travailler a changé, et je pense qu’elle changera encore, mais le taxi sera encore là, pour de nombreuses années. S’agissant du pouvoir d’achat des chauffeurs de taxi, il a effectivement baissé par rapport au passé, mais ce n’est pas propre aux taxis, c’est toutes les professions artisanales qui ont vu leur pouvoir d’achat s’effriter à cause de l’inflation. En 1996, on pouvait acheter un pavillon à Drancy avec la vente de sa Licence. Aujourd’hui pour 160 000 € vous avez à peine un appartement de deux pièces à Drancy. Pareil pour les courses alimentaires, avec 200 francs on remplissait un caddy en 1996, on ne remplit pas grand-chose avec 30 € aujourd’hui. Vous comprenez bien pourquoi je ne peux pas être de droite et encore moins d’extrême droite, parce que les politiques des trente dernières années n’ont cessé d’avantager les grandes entreprises et leurs actionnaires au détriment des travailleurs et des artisans. Ça a commencé sous Jacques Chirac, que Jospin a réussi à stopper durant son premier mandat, mais son deuxième mandat il avait les mains libres pour avantager ses amis du Medef, Sarkozy a fait de même. Les espoirs s’étaient portés sur François Hollande qui avait dit : « mon ennemi c’est la finance » et vous connaissez le CICE et les 100 milliards d’allégements fiscaux aux entreprises qui n’en avaient pas besoin. Pierre Gattaz président des patrons de l’époque était très content d’arborer un pin’s « 1 million d’emplois », alors qu’en réalité les 100 milliards ont créés à peine 100 000 emplois, ce qui veut dire qu’un million d’euros a été dépensé pour créer un emploi. Imaginez qu’un million, ça équivaut à 55 emplois payés au SMIC par an. L’arrivée de Macron a permis aux riches d’être encore plus riches et à Uber de prospérer en France.
Au nom de toute l’équipe de Taxi News, je vous souhaite un très bon mois de juin et espère vous retrouver début juillet.
Alexandre Sejdinov


